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-I- INTRODUCTION

« C’est en forgeant qu’on devient forgeron »… Il fallait la faire ! Vous l’attendiez dès le début non, connaissant désormais le site et le pouvoir comique de votre serviteur ? Cet article a été très simple à mettre en place, à l’inverse des thèmes précédents qui créaient un peu le débat, le monde de la forge ne semble pas controversé. Pourtant, l’enjeu du port du couteau sur la place publique est aujourd’hui plus que jamais remis en cause. On pense immédiatement aux pratiquants du bushcraft qui ont souvent besoin de traverser des lieux publics pour se rendre dans la nature (car, train, voiture). S’ils sont contrôlés en chemin, il n’est pas rare qu’ils se voient amendés ou confisqués leur meilleur ami, j’ai nommé le couteau.

Pourtant, beaucoup de gendarmes sont les premiers à reconnaître que même eux portent un couteau dans le ceinture ou la poche, très utile pour le saucisson, le bout de ficelle, un truc à ouvrir, une ceinture à découper… Ils reconnaissent aussi également que de tout temps à la campagne on a vu des gens porter un couteau à la ceinture, sans que les chiffres des attaques à armes blanches aient crevé le plafond. C’est donc que nous vivons une époque de transition, qui questionne sur l’utilisation d’outils jugés anciens au mieux, archaïques au pire. Prenez un temps de réflexion : combien connaissez-vous de rémouleurs ? Quand est la dernière fois que vous en avez croisé un en ville ? Saviez-vous que sans ces rémouleurs invisibles, beaucoup de bons restaurants seraient bien embêtés si ce métier disparaissait ?

Il en va de même avec la forge, qui s’il n’est pas le premier, après les promenades de trottoir et l’agriculture, doit être le troisième plus vieux métier du monde ? Va-t-il disparaître au profit d’usines automatisées qui ne font jamais d’erreur ? Qui harmonisent les produits, vont vite, de nuit, de jour, non-stop ? Et bien figurez-vous que les forgerons ne font pas que des couteaux, ils peuvent aussi forger d’autres outils, de toutes les formes, ils font aussi d’autres activités d’entretien ou de réparation et de l’art. De manière générale ce sont des bricoleurs méticuleux et diversifiés. On dit souvent « ah maintenant on ne fabrique plus comme avant, tout casse en 5 minutes, dans le temps on savait faire… ». Et bien voilà, ce sont eux pour moi qui représentent le mieux les métiers à l’ancienne. Alors oui, ils ont des machines pour les tâches pénibles (le backstand notamment) cela n’empêche que 90% du métier est basé sur leur dextérité manuelle, leur doigté, leur sens du toucher et d’autres sensations. Allons vite les assaillir de questions avant qu’ils ne se remettent à cogner leur enclume !


-II- PRÉSENTATION DES INTERVENANTS

Afin d’obtenir les meilleures réponses possibles nous avons réuni une équipe de 4 forgerons, soit 2 professionnels et 2 passionnés amateurs.

Bill : autodidacte depuis 2014, il forge à son compte depuis 2016. Il a créé son modèle nommé « Gros Bill », couteau de grande taille pour usages extérieurs. Il adore le bivouac depuis des années puis découvre le bushcraft par la suite sans nier un intérêt pour le survivalisme, ce qui l’a logiquement mené vers la forge. Pour retrouver son travail (la Forge a Bill) : https://www.facebook.com/forge.a.bill/

Cap’tain Shadoo : précoce, il a forgé son premier couteau à 9 ans pendant un festival médiéval. Plus tard il fera un stage de 2 semaines chez un maréchal-ferrant des Bauges (fers, couteau). Il a enchaîné avec un stage chez un forgeron d’Agen pour apprendre les ficelles (pointes, piquets, couteau, goyarde et pas mal de pointes insiste-t-il ha ha). Depuis il a monté son atelier où il forge de temps en temps, surtout des outils et des objets utiles ou décoratifs. Il est particulièrement fier d’une torche pour cracher le feu, en écailles de dragon. Retrouvez ses productions sur sa page facebook Cracheur de Forge.

Julien : passionné de coutellerie depuis son enfance (collectionneur), il a poursuivi des études en armurerie (oui oui ça existe) depuis ses 17 ans, diplômé 5 ans plus tard, après avoir forgé un premier couteau (damas) acheté sur un salon d’armes. Plus tard, il reprendra sa passion en faisant d’autres couteaux, exclusivement à la lime tout d’abord, puis auprès d’un forgeron depuis 2 ans. Il n’aime pas les lames bling-bling polies miroir, il préfère du fonctionnel, du solide. Amateur de bushcraft et de sorties en forêt, il juge indispensable de pouvoir compter sur un couteau sans avoir peur de le casser ou de l’abîmer. Il ne vend rien qu’il ne juge pas digne de lui-même en premier lieu. Il est actuellement professeur en armurerie.

Sam : cela fait bientôt 10 ans qu’il forge et fabrique des couteaux. Autodidacte les 4 premières années, il a ensuite fait ses armes auprès d’Yves PELLEQUER forgeron coutelier dans les Cévennes. Il a monté avec son ami Julien Maniglier (Ju pour les intimes, Forged in Fire) un nouvel atelier commun où ils ont même fait une place à un artisan du cuir (pratique pour les étuis, Moutain Custom Leather) afin de professionnaliser leur passion. Retrouvez-les sur : Alpine Blade Compagnie, sans m’avancer je pense qu’ils sont du côté des Alpes ! Pour voir les productions de Sam cela se passe sur instagram et facebook au nom de SD Knives.

Les questions et la retranscription / agencement des réponses… ont été bien sûr réalisées par votre serviteur, Renan, fondateur de la Skol Louarn, école buissonnière du bushcraft et de la survie, basée en Bretagne.


-III- LES QUESTIONS AUX INTERVENANTS

1) SAVOIR / APPRENDRE :

Je veux fabriquer un couteau qui ait la classe ! Avant de me lancer, quels sont vos conseils pour la théorie ? Vidéo, livre, stage ? Salons ou festival médiéval ? Un forgeron sympa ?

D’emblée, Julien répond spontanément « poser des questions ! » aussi souvent que possible. Il y a toutes les informations pour se lancer sur internet et beaucoup d’interlocuteurs passionnés prêts à partager. Il cite notamment www.forge.fr qui est une mine d’or selon lui (une mine d’acier aurait été plus utile… ndla). Il met en garde le débutant au sujet des groupes facebook, où on trouve du bon comme du très mauvais, il faut trier. Selon lui, démarrer avec le vieux bout de ferraille qui traîne chez papi depuis 50 ans n’est pas idéal, autant démarrer avec de l’acier de qualité pour apprendre directement comment se comporte un bon acier. Plus dur à travailler, sûrement, mais au rendu plus qualitatif. Son premier couteau était du 90mcv8 en damas et il le juge être un excellent acier pour un couteau de camp / bushcraft. Cap’tain Shadoo est bien de son avis, mais il ajoute que pour lui rien ne remplacera un stage avec un vrai forgeron, pour voir les bases (positionnement, respect des règles, principes élémentaires) et bannir les catastrophes (brûlure, incendie, blessure, accident).

Bill est de leur avis, il cite par exemple les tutoriels youtube qui, au-delà de l’écrit, permet de vraiment voir les bons gestes. Il renvoie les débutants vers le site « Coustil » de Gérard Heutte qui selon lui est parfait pour débuter. Il conseille également le livre « C’est en forgeant » de Robert Strozzini qui apportera une solide base théorique pour pouvoir se lancer ! Dans le même élan, Sam sans vouloir s’épancher sur une liste précise de conseils , insiste sur la sécurité en rappelant que cette discipline n’est pas anodine à cet égard. On manipule du feu, de la chaleur, du métal brûlant. Il conseille d’investir sans y couper dans des lunettes, des protections auditives et des masques à poussière. Selon lui, l’envie suffit à 80% pour se lancer, les 20% restants étant le matériel et le savoir. Un morceau de rail SNCF, un marteau, une forge à charbon faite maison avec quelques briques, c’est ainsi qu’il a commencé. Si après on veut vraiment s’y mettre correctement, des limes, une perceuse à colonne et de l’acier ressort combleront l’équipe. Pour lui en tant que professionnel, il vous invite à faire vos erreurs de votre côté avant d’envisager un stage chez un coutelier, et seulement si vous en ressentez le besoin, certains préférant apprendre dans leur coin (comme en bushcraft / survie en somme, ndla).

2) FORCE :

On voit souvent les forgerons représentés comme des gros types musclés et bourrus, cognant leur enclume non-stop. Faut-il une grosse forme physique pour forger ? Du coup tant qu’à marcher dans le plat, y a-t-il beaucoup de forgeronnes ?

Démarrons encore avec Julien, qui reconnaît l’évidence d’une certaine force requise, « si on a un corps d’ablette ça va être plus difficile bien sûr » (c’est un petit poisson, j’ai dû aller voir wikipédia ha ha). Il confirme d’expérience, ses élèves plus jeunes et plus frêles ont du mal à limer car c’est lourd et physique. Disons que si on est déjà en forme avant de débuter, ça sera plus facile pour commencer forcément. Il explique (et Bill également) qu’il a déjà croisé pas mal de forgeronnes mais que bien entendu elles ont une bonne poigne / force physique. Pour lui le point commun de tout bon forgeron est la motivation avant tout, la force vient avec le temps, pas de panique.

Bill confirme tous ces points, ajoutant qu’une bonne condition physique permettra d’éviter certaines blessures récurrentes (tendinites, poignets, avant bras). Quand on forge souvent, on constate que le travail est assez pénible. Il fait très chaud, souvent on porte un masque, on tape énormément et il y a pas mal de matériel à maîtriser (qui ajoute ou retire de l’aisance selon), ainsi que d’autres paramètres à gérer. Capt’ain Shadoo confirme également que la force viendra avec le temps sans s’énerver, on apprendra surtout où taper et avec cette expérience on gaspille moins d’énergie. Il recommande de débuter avec un marteau pas trop lourd (fuir le fameux marteau de 3kg) sinon gare aux tendinites, et de ne pas négliger un échauffement à base de barre de fer à béton et « forge your f*cking pointes ! » confie-t-il de manière très officielle (je pense qu’il est traumatisé d’avoir fait des pointes pendant son apprentissage ha ha).

Enfin, Sam qui a répondu à l’ancienne sur papier, les doigts encore fumant d’avoir trop forgé, sourit à l’idée de cette image du forgeron, qu’il estime assez fausse avec le recul. Les forgerons ne passent pas leur temps à forger, ce n’est qu’une petite partie du travail (former l’objet), le plus gros se passe après (traiter, affiner, tremper, polir, retailler…). Il est fier de m’expliquer qu’il y a de plus en plus de femmes dans ce métier (amateur comme pro).

3) COÛT :

Faut-il vendre un rein pour se lancer dans la forge amateur ? Ou bien avec des briques, un chalumeau et une bouteille de gaz je peux me lancer ? Pour l’acier aussi, puis-je recycler des vieux machins en métal ou dois-je acheter sur des sites spécialisés de l’acier chirurgical à 100€ le gramme ?

Pour Bill c’est non, et heureusement car c’est l’un des bons plans de la discipline, en amateur pas besoin de gros investissements. Un bon récupérateur / bricoleur pourra recycler des vieux machins et y trouver un vrai plaisir. Il a débuté ainsi et il continue même une fois son SIRET en poche, la vieille forge à charbon (même si depuis il a aussi acquis une forge à gaz). Il n’a jamais acheté un seul marteau, il en a même un qu’il a fabriqué lui-même à partir d’un vieil axe cannelé de boîte de vitesse grâce à un tuto de « 3 kilos sous terre »  https://3kgsousterre.blogspot.com/ ; il l’utilise encore régulièrement. Ndla : au Moyen Age les apprentis forgeron ne pouvaient prétendre être à leur compte que le jour où ils avaient réussi à se forger leurs propres outils et réalisé plusieurs fois toutes les spécialités du métier.

Cet esprit de récup’ est partagé par Julien qui se rappelle affectueusement de sa première forge à gaz, qui lui a coûté une quarantaine d’euros à tout casser (quelques blocs de béton cellulaire, des briques réfractaires de chez Brico, un sac de ciment réfractaire, un brûleur fait maison [plan sur le net, tuto DIY]). Pour les pinces c’était du fait maison avec deux morceaux de plat de 8mm d’épaisseur ajoute-t-il avec précision. Au sujet de l’acier, il plussoie Bill pour le recyclage de vieux machins comme les ressorts à lame de 4×4 et les barres anti-roulis. Toutefois il nous met en garde, car ces morceaux inconnus sont difficiles à bien identifier et les traitements thermiques deviennent vite empiriques / hasardeux. Il cite par contre les roulements à bille qui sont souvent de l’acier 100cr6, excellent acier au chrome. Si on veut directement prendre du bon acier il préconise des fournisseurs classiques comme Eurotechni, Hyperacier et Achim Wirtz (qui donne de très bons conseils pour les traitements thermiques de ses aciers).

Cap’tain Shadoo a eu un coup de chance, en débutant il est tombé sur la veuve d’un forgeron qui voulait tout vendre. Il a donc démarré dans le luxe avec une forge à soufflet manuel, 2 marteaux, une tranche-à-chaud, une enclume de 25 kg, 2 sacs de charbons et 3 pinces, le tout pour 200€, une vraie aubaine. Depuis, en passant le mot autour de lui, il a récupéré tout ce qu’il lui fallait (des pinces, des marteaux, une grosse enclume de 80kg, des caisses de lame de ressort…) et en grande quantité. Pour l’acier, il plussoie également l’acier de lame de ressort (pour les lames carbones). Il nous aiguille vers les aciers-outils des agriculteurs (dents de faneuse ou de botteleuse) et des réparateurs d’engins de chantiers (dents de godets, lames de chenilles). Ceux qui veulent s’orienter vers l’inox, il propose les pistons d’engins de chantier ou des casses pro pour les pistons de coffres ou les amortisseurs, mais gaffe à l’huile hydraulique en démontant car toxique. Sa règle : si ça a déjà été forgé c’est bon à forger, mais pas toujours pour des couteaux.

Sam enfin, fait la distinction entre le hobby et le sérieux. Si on veut vraiment s’y mettre, il faudra acquérir un backstand (grosse ponceuse magique, ndla), un four de trempe et de très bonnes limes qui vous éviteront de galérer. Il recommande, si on veut se fabriquer sa propre forge, de bien se renseigner avant pour éviter de dangereuses erreurs de conception qui pourraient nuire à l’efficacité de la forge. Au niveau de l’acier, il est d’accord avec les trois autres collègues.

4) METAL :

J’ai ouïe dire que le carbone était sympa mais qu’il rouille vite ? Il y a des aciers qui sont fragiles et cassent souvent à la chauffe… pour débuter, vers quel type d’acier puis-je me tourner ?

Continuons avec Sam et sa belle écriture papier. L’acier carbone rouille car il est dépourvu de chrome, tandis que l’inox en est rempli. Il conseille l’acier ressort (XC55) au top pour débuter (Bill aussi), facile à forger et à tremper. Il déconseille vivement de démarrer avec des aciers trempables à l’eau car la technique est plus risquée et les casses sont courantes. Julien n’est pas inquiet face à la rouille des lames carbone, selon lui si on utilise souvent son couteau et qu’on l’huile de temps en temps (une goutte) il n’aura pas le temps de rouiller. Son écueil à éviter sont les aciers avec du souffre ou du tungstène, plus complexes.

Bill revient sur sa réponse précédente. S’il est vrai qu’on peut recycler de vieux aciers pour débuter, il reconnaît que pour les couteaux, devant l’ampleur de la tâche, il a été très « select » pour ne pas se donner à fond pour un résultat médiocre. Il s’est donc borné dans ce domaine aux roulements, aux limes et à de l’acier ressort agricole, ce dernier n’étant pas toujours son préféré car il pose souvent problème en raison des contraintes qu’il aura subies au cours de son passage précédent à la forge ou de ses précédentes utilisations (notamment les amortisseurs agricoles qui s’usent du fait du poids qu’ils supportent).

Cap’tain Shadoo avec humour, avoue ne rien y connaître aux métaux codifiés par noms, chiffres, lettres… Il recommande pour s’entraîner à mettre le métal en forme et comprendre ses réactions, de taper sur des fers à béton même si on ne fait rien de spécial avec et qu’il ne prend pas la trempe.

5) ÉTAPES :

Une fois, un forgeron m’a dit qu’il fallait une dizaine d’étapes pour concevoir un couteau… pourriez-vous nous les présenter (taper, chauffer…) ?

Voici la procédure utilisée par Julien, Sam et le Cap’tain.

> CONCEVOIR ou dessiner sur papier

> CHOISIR ses matériaux

> FORGER : chauffer, taper et mettre en forme : méplat, pointe, poinçonnage

> DEGROSSIR l’émouture au backstand (en laissant 1-2mm au tranchant)

> TT soit traitements thermiques : normalisation puis recuit (dans cet ordre, certains font aussi recuit puis après normalisation mais l’effet obtenu n’a pas la même qualité, précise Bill). Sam insiste sur le recuit (dit de détente) qui supprime les tensions du métal apportée pendant la forge. Puis il normalise, ce qui va réduire la taille du grain de l’acier.

> si on fait une plate semelle, c’est maintenant que l’on perce les trous pour les rivets

> SUITE TT : trempe et revenus (dans cet ordre). Sam explique que le revenu supprime le stress de la trempe et réaligne la matière (les atomes).

> FINITIONS de la lame : polissage, émouture, aiguisage, bains d’acide, guillochage

> attention en finissant l’émouture à ne pas trop chauffer la lame (cela peut ruiner les TT)

> CONCEPTION du manche et affûtage

> REALISATION de l’étui (si on touche en cuir)

Bill a répondu dans un autre format, plus compliqué à mélanger avec les 3 autres. Il a répondu en décrivant ses gestes et a détaillé chaque étape, cela valait la peine de tout laisser tel quel pour ne pas surcharger la procédure précédente et garder intacte la passion que Bill a bien voulu partager avec nous :

> Je forge ma pointe grossièrement, la température de travail se situe aux alentours de 900//1000 degrés, la lame est orange/orange clair et attention car cela dépend des conditions lumineuses de l’atelier.

> soit je courbe la lame en vue de forger un peu ma géométrie (pentes du tranchant de l’émouture) soit je forge mes émoutures direct du côté opposé ce qui fait remonter la dite pointe.

> je reviens sur ma pointe pour la parfaire

> je plane un peu cette lame au marteau à température modérée

> je viens forger l’empreinte du doigt et la semelle (s’il s’agit d’un plate semelle bien sur) et je les plane.

> je regarde bien à tout mettre droit au mieux et je continuerais cette vérif encore pendant les normalisations et après le recuit

> 3 normalisations ou plus selon le matos et les tests effectués sur ces aciers et recuit dans la foulée, je place la lame dans un bac de cendres avec une autre pièce pour refroidissement très lent (cela vaut aussi pour le 90mcv8)

> je vérif que tout est droit au sortir du recuit et j’usine ma géométrie pour de bon (parfois je n’ai pas attendu le recuit pour faire un petit détourage mais les émoutures sont toujours faites après recuit pour moins user les bandes abrasives)

> je perce ou autres manips (guillochage) avant trempe !

> je trempe (à l’huile, végétale ou huile spécialement de trempe en fonction du résultat souhaité)

> revenu jusqu’à 250° pendant 45-50 minutes au four de cuisine selon l’acier, la taille et la destination du couteau (les traitements thermiques que j’énonce sont ceux de base dans les grandes lignes car il y a d’autres procédés et d’autres choses qui existent évidemment ne serait-ce que pour la trempe et le revenu mais aussi pour les normalisations)

> je finis de descendre l’épaisseur du tranchant (émouture) et de virer les rayures en polissant

> j’affûte et me rase les avants bras ^.^

J’en profite pour ajouter (ndla) avoir souvent constaté en tant que pratiquant du bushcraft (gars de terrain) que pas mal de forgerons faisaient deux choses que je remettais en cause. La première, que Bill vient de mentionner, c’est l’affûtage maxi-rasoir de précision chirurgical. On me l’a parfois fait sur mon couteau fétiche (une bouse industrielle à 30€ mais que j’adore) et au bout de deux piquets taillés, c’était parti. Du coup je m’interroge, est-ce bien utile de pouvoir se raser avec un couteau de camp, destiné à tout sauf se raser (je suis barbu en plus, je taille mais je ne rase pas). La deuxième chose que j’ai constatée, c’est que certains adorent polir au-delà de la raison, les lames, « effet miroir » dit-on dans le jargon.

Sauf que nous, les non-forgerons, n’avons pas la machine à frou-frou qui polit l’acier et la belle pâte bleu qui fait rebondir l’eau sur l’acier tellement elle le polit. Du coup, on affûte nos lames à la « one-again-bistouflly » avec une pierre à affûter ou un caillou sauvage et paf au premier affûtage on raye ce beau miroir et on ne voit plus que les rayures sur ce fond uniforme et parfait. Personnellement j’aime donner un petit coup de DC4 avant chaque cuillère, je ne peux décemment pas remettre un coup de polish à chaque fois, c’est pénible. Du coup, je m’interroge sur l’utilité de ce procédé. Je sais que les forgerons ont l’amour du travail bien fait, mais quand c’est fait pour en prendre plein la tronche, il y a peut-être un juste milieu à trouver ? A vos claviers…

6) FORME :

Il en existe des petits, des gros, des laids, des beaux… Quelles sont les formes simples pour un premier couteau (ou le troisième !) ? En quoi cela influe sur les différentes parties (lame, mitre, garde, tranchant, rivets…) ? Et la soie dans tout ça (pleine, ½, ¼…) ?

L’important selon Cap’tain Shadoo c’est de réaliser une forme qui vous plaise. Plus c’est gros, plus c’est long à forger donc ne vous lancez pas dans des projets immenses au début. Éviter les lames à forme bizarre ou courbée (Kriss) ou à plusieurs tranchants (kukri, tanto, dague). C’est une vraie question de choix personnel, d’équilibre visuel et de proportions (manche, lame). Julien, sans surprise, dit la même chose, pour un premier couteau une lame simple, droite, en plate semelle (la lame descend jusqu’au futur manche, entièrement), idéalement de 12-13 cm de lame. On verra plus tard pour les émoutures creuses (concaves). Le gros avantage du plate semelle pour lui, c’est qu’on ne forge pas tellement le manche, on le finira après au backstand (grosse ponceuse) : rapide et simple.

Pour Bill le plus simple est de bosser sur une forme que l’on aime bien et de se perfectionner dessus à terme. Pour lui c’est la lame en plate semelle, c’est son truc. Pour la forme du couteau, cela dépend de la matière première. Par exemple une pointe fine dans un acier dur sera fragile (cassante). Mais aussi… de votre talent de dessinateur et comme Bill pêche un peu de ce côté là, il forge et laisse les formes venir de ses tripes, il ne dessine pas franchement. Il cite le cas d’un ami forgeron qui ne faisait jamais de lames trop pointues car c’était moins facile pour attraper le pâté dans le pot (excellente anecdote hé hé, ndla). Sam est plutôt de l’avis de Bill, la ligne générale du couteau dépendra des goûts et de la sensibilité du forgeron, il faut juste faire preuve de cohérence (proportions, esthétique) et respecter son adéquation avec l’utilisation future (cuisine, bushcraft, table, bricolage).

7) EMOUTURE :

A vos souhaits ! Pourriez-vous me parler de ce mot ? Il semble que ce soit un choix à faire assez tôt dans la conception du couteau.

Écoutons notre prof du moment, Cap’tain Shadoo qui nous explique que l’émouture est la partie tranchante de lame (les pentes du tranchant précise Bill), qui s’affine jusqu’au fil (partie la plus fine du tranchant). Son choix dépend de la forme et de l’utilisation du couteau. Un couteau de camp de 25cm prévu pour bâtonner et monter un abri n’aura pas la même émouture qu’un couteau filet-de-sole de cuisine. Pour le premier une émouture courante est la scandinave (solide et pénétration graduée dans le bois), pour le second une émouture plate intégrale maximisera la finesse de la lame.

Pour Julien, il a rapidement trouvé une forme qu’il aimait bien et s’en sert régulièrement, peu importe le couteau (camp, chasse, cuisine). Il préfère l’émouture plate qui monte au ¾ de la hauteur de la lame. Là où il réintroduit une notion de spécialisation du couteau, c’est sur l’épaisseur qu’on laissera au bout de l’émouture avant le tranchant. Bill précise qu’il existe plein de types d’émoutures et nous renvoie aux références recommandées dans la question 1.

Enfin, Sam insiste sur l’importance de l’émouture car elle va créer la qualité de coupe du couteau et c’est sa fonction première et ultime. Elle doit être régulière et symétrique sinon des déformations arriveront pendant la trempe (lame à reprendre…). Le coutelier-débutant pourra compter sur une meuleuse pour la faire mais très vite, le besoin d’un backstand se fera ressentir (plus précis). Évidemment l’émouture doit être réalisée AVANT la trempe, et après le recuit.

8) SOIE :

J’entends parler de couteaux pliants, soie pleine, ¾ de soie, ½ soie… il faut être fort en maths ou quoi ? Quelles sont les implications de ce choix pour le couteau ?

Bill nous explique que c’est pareil que les émoutures, sauf que là, ce qui change c’est la façon de monter les manches du couteau. Une soie pleine ou traversante c’est un prolongement de la lame (en acier donc) qui ira jusque de l’autre côté du manche (comme le nom l’indique : elle va le traverser). Ce genre de soie sera collée, rivetée puis matée au bout (alors qu’une demi-soie s’arrêtera au milieu du manche et ne sera pas matée). C’est ce qui fait qu’en utilisant un couteau à demi-soie on peut le casser sur un pain congelé ou un beurre trop dur (les couteaux industriels avec manche en plastique par exemple).

Cela nous conduit logiquement aux soies encore moins pleines, dans l’univers fascinant des couteaux pliantes, « un monde en soi » nous confie Cap’tain Shadoo. C’est la soie qui donnera sa force ou sa finesse à la lame, via le manche. On choisit une soie en fonction de l’aspect final que l’on veut au manche, et bien sûr de sa solidité (qui ajoute du poids par contre). Vous l’aurez compris, plus on lui demandera d’efforts, plus la soie devra être longue et épaisse. Julien par exemple, nous explique qu’il ne fait pas de pliants, il laisse cela aux nombreux artisans français (il est belge, ndla). Il nous donne par contre l’ordre précis des soies réalisables sur un couteau : plate semelle (avec deux plaques de chaque côté, la plus solide pour un couteau de camp), soie traversante (tout le long), ¾ soie veut dire qu’elle est longue mais ne débouche pas à l’autre bout du manche, ½ c’est comme pour une lime elle s’arrête en plein milieu du manche. Toutefois il précise qu’une soie moins longue, même si elle possède souvent un manche très travaillé et qui sonne plus luxueux, ne signifie pas forcément que le couteau est fragile, tout dépendra de l’épaisseur de la soie. Il nous renvoie à la vidéo d’Axel de Graaf Forge qui a réalisé un crash-test couteau en 01 (je n’ai rien compris ha ha, ndla).

https://www.youtube.com/watch?v=AJHSFk0NP2k

Sam ajoute avec son œil expert que le choix de la soie, outre tout ce qui précède, permettra de jouer sur le poids total du couteau. Si on veut qu’il soit volontairement déséquilibré vers l’avant par exemple c’est là qu’on montera le couteau sur soie (lame non complète au niveau du manche). Par contre, si on veut un couteau équilibré avant-arrière, la plate-semelle sera idéale. Ndla : on comprend bien qu’un coutelier compétent dispose de nombreux moyens et paramètres pour faire un couteau sur-mesure parfaitement adapté aux besoins d’un client. Si on ajoute à cela le nombre d’heures passées sur une seule lame, cela explique mieux le prix des couteaux artisanaux par rapport aux couteaux industriels (faits à la centaine par des machines).

9) SOCIÉTÉ :

Le port du couteau pose problème au législateur et à nos amis des forces de l’ordre, qui peinent à distinguer l’outil de l’arme ? Des pistes pour faire avancer le débat ? Quel est votre avis sur les couteaux-rambos qui courent le net, est-ce à cause d’eux que le couteau est mal vu ?

Sam est intraitable, tous les couteaux sont à considérer AVANT TOUT comme un outil et non une arme. Les couteaux utilitaires sont autorisés dans la limite du raisonnable, a-t-il constaté (le fameux couteau de bricoleur, souvent pliant, souvent dans un petit étui noir à la ceinture). Pour lui, un couteau sans garde ne devrait pas être considéré comme une arme (comme un opinel par exemple), même s’il reconnaît qu’un opinel sera moins utile à un bûcheron qu’un couteau bushcraft, robuste et bien lourd comme il faut.

Julien en bon forgeron qu’il est, précise qu’il porte un couteau à la ceinture depuis qu’il a 15 ans, soit un pliant soit une pince multi-fonction. Il a déjà été contrôlé par des policiers et n’a jamais été inquiété, « tout dépend des circonstances » se rappelle-t-il des précisions des policiers. Si c’est en pleine journée dans un coin peu fréquenté ou en pleine nuit après une bagarre en boîte à 3h du matin, leur réaction ne sera pas la même. Cela étant, il n’a pas forcément de piste pour faire avancer les choses (lâcheur ! Ndla).

Bill connaît bien l’état du droit sur les outils (pas seulement tranchants). Il nous rappelle qu’en théorie même un tournevis ne devrait pas être porté sur soi mais dans une caisse à outils, rangée et de préférence fermée. Il s’insurge de cette légende urbaine qui dit que la lame ne doit pas dépasser la paume de la main du gendarme… c’est une fable, un guide communément utilisé pour dire en gros qu’un gros couteau sera sanctionné alors qu’un petit pourrait passer. Même l’opinel est interdit en réalité, la loi ne précise rien pour les petits couteaux (ndla : il me semble avoir lu une exception française pour les couteaux régionaux type Laguiole et Opinel, à vérifier), même si dans la pratique heureusement il y a une tolérance (on n’a jamais vu un scout se faire arrêter pour avoir un opinel dans sa poche ! Ndla). Amateur d’anecdotes, Bill partage avec nous le cas d’un ami qui a été contrôlé avec un opinel, vêtu d’un bleu de travail pendant un chantier en ville. Le couteau de poche a été confisqué et il a écopé d’une amende de 200€, malgré avoir expliqué le contexte et rappelé que le couteau servait pour le saucisson ou le pâté du sandwich à midi.

Enfin, Cap’tain Shadoo, comme Bill, établit une frontière urbaine / rurale pour justifier la différence de traitement par les forces de l’ordre. Dans la conception urbaine, le couteau est souvent perçu comme une arme blanche, sans autres critères de distinction. Lui aussi (bon, comme moi je l’admets, ndla) porte un couteau dans sa poche depuis ses 15 ans et un opinel+leatherman à la ceinture quotidiennement depuis une dizaine d’années. Il cite des noms de groupes de délinquants des années 90 qui utilisaient souvent des couteaux pour leurs méfaits et qui ont ancré cet outil dans la croyance populaire comme étant une arme. Il botte également en touche (gros lâcheur ! Ndla) pour faire avancer le débat, pour lui c’est dur de contrer trois décennies d’interdiction dans une société ultra-urbaine où le couteau est un pestiféré.

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Ndla : même les cuisiniers sont parfois embêtés dans la rue parce qu’ils transportent leur sacoche à couteau, outil professionnel indispensable à tout cuisinier. Moi le premier quand je dois me déplacer pour le boulot (animations, stages, salons, conférences) je cogite un peu trop sur « comment emballer » mes lames pour qu’en cas de contrôle je puisse justifier avoir bien respecté la loi pour les professionnels sur les outils dangereux. J’ai même acheté une caisse de munitions pour pouvoir la sceller et la cadenasser dans ma voiture au cas où, alors que bon… ce sont essentiellement des couteaux simples (type jardinage, bricolage) qui n’ont jamais choqué mes proches dans les forces de l’ordre. Leur premier réflexe est plutôt de sortir la lame, frotter son ongle pour voir l’affûtage et éprouver le grip du manche pour se projeter dans son utilisation, nullement de se demander s’il mettrait une amende ou non si on se croisait dans la rue.

Là où c’est un peu abusé, c’est pour les bushcrafteurs et autres randonneurs, qui sont contrôlés alors qu’ils prennent un bus ou un train pour s’embushiser (aller dans le bush) et qui parfois prennent une amende ou une confiscation de l’objet sur place, alors qu’ils sont dans une démarche saine, dans la pratique de leur discipline. Je n’ai par exemple jamais entendu un chasseur dire qu’il s’était fait confisquer son fusil dans son coffre alors qu’il allait chasser en bonne foi et en bonne légalité. Pourtant, vous conviendrez tous qu’un fusil est plus dangereux qu’une arme, socialement comme utilitairement. S’il faut un permis de port de couteau, franchement même si je sais que ça fera râler tous les afficionados de liberté et les amis de l’anarchie juridique, je ne suis pas contre ! Tant que le prix est honnête et la durée très longue (voir à vie, car validant la capacité du porteur à gérer la sécurité d’utilisation et du transport).

10) BUSHCRAFT :

Je pose toujours une question issue de mon domaine professionnel vous n’y couperez pas ! Quel serait selon votre opinion de professionnel ou d’amateur passionné, la bonne forme, poids, allure, composition, émouture, pour un couteau bushcraft ?

Bill souffle d’avance ! Pour lui ça dépend vraiment de chacun, les goûts et les couleurs en somme. Cette réponse parlera aux collectionneurs qui savent bien qu’on a toujours besoin d’un nouveau couteau, pour un besoin différent ou selon l’envie du moment. Cela lui est déjà arrivé de se lasser d’un couteau puis de le ressortir 6 mois plus tard avec envie. Comme dit dans sa présentation, Bill aime les « Gros Bills », les couteaux avec 24cm de tranchant, du poids, de l’inertie. Mais il rappelle également que le couteau en tant qu’outil a ses limites et que parfois la solution n’est pas un plus gros couteau mais une scie, une hachette. Il termine sa réponse en disant que peu importe le couteau, il éprouvait un immense plaisir à utiliser quelque chose qu’on a fait soi-même et il vous souhaite un bon feu à tous.

Cap’tain Shadoo, dont le vrai nom est en fait Eudes (non je plaisante c’est Hugo, ndla) dit que le couteau dépend vraiment de l’utilisateur. Il a souvent constaté qu’une personne au petit gabarit affectionnait les petits couteaux et vice-versa. Mais sans oublier les activités prévues, si c’est pour dégager une clairière bien sûr qu’un couteau rambo sera plus utile, alors que pour un bivouac où tu amènes femme et enfant, leur passer un Mora sera plus logique. Soyons fous, si vous êtes consciencieux avec votre matériel, optez pour une couteau lame carbone avec un manche en bois exotique, pourquoi pas ! Il conclut sur « encore une fois, on en revient au credo « à chaque utilisation son couteau ».

Julien sera plus technique dans sa réponse, notre forgeron belge a le compas dans l’œil (ça doit faire mal, c’est sûr, ndla). Pour lui, le bon couteau bushcraft est une lame de 20 à 25 cm, 4cm de largeur minimum, 4mm d’épaisseur en plate semelle avec une émouture droite au ¾ de la lame. Au niveau de l’acier il préconise une dureté entre 56-58 HRC et un acier 90mcv8 ou 01.

Pour ma part, je préfère une lame de 13-16cm de tranchant, pour un poids maximal compris entre 150 et 180 grammes et au niveau de l’épaisseur pas plus de 3,5mm. Si le manche peut faire au moins 14cm de long vu ma grosse main, j’en ai marre d’avoir le petit doigt dehors. Je n’aime pas les gardes marquées car elles sont un frein à la créativité (lors du changement de prise sur le manche si on butte constamment contre une garde on sort un peu de notre concentration) mais il faut quand même qu’elle soit suggérée, par la courbe du manche par exemple au niveau du ricasso. Au niveau de la pointe, je suis dans le camp des lames en droppoint (courbée et non droite) qui pénètre mieux dans la viande du gibier ou dans le bois. Au niveau de l’émouture je suis mitigé car autant j’aime la traditionnelle émouture scandinave qui permet comme l’a dit l’un de nos forgerons, de ne pas ruiner le fil de la lame quand on bâtonne ou qu’on pré-fend une pièce de bois en vue d’une sculpture (woodcraft), mais du coup on manque de finesse sur la pointe de lame quand on veut vraiment l’utiliser en tant que tel. Du coup, j’aime assez l’émouture plate (sans aucun angle du tranchant autre que l’inclinaison naturelle de la lame) qui s’affûte très simplement avec un angle souvent de 25-30 degrés. Pour le manche, je réponds en bois, comme 99% des amoureux du bushcraft.

Au niveau des rivets, il faut toujours miser sur 3. Pourquoi ? Car avec deux rivets, si un casse en pleine forêt, les plaquettes du manche pourraient commencer à bouger (la colle ne tient pas à vie avec tous les chocs qu’on leur met dans le nez), alors que 2 rivets restants et un cassé, le manche reste utilisable. Si je peux avoir mon mot à dire sur un couteau, j’aime alors que le rivet du bas devienne un œillet pour glisser une dragonne (« coupe à la volée » qui décuple le poids du couteau) auquel on trouvera de multiples utilisations. Si on me demande si je discrimine les mitres, je réponds oui, même si le couteau que j’utilise régulièrement en est pourvu. Kessecé la mitre ? Ma foi… allez voir les annexes et les références citées par nos forgerons, il vous reste encore plein de choses à découvrir par vous-même sur les couteaux et leur fabrication !

2 couteaux bushcraft idéaux selon Bill

\/ 2 couteaux bushcraft idéaux selon Julien \/


-IV- DOCUMENTS ANNEXES (lectures conseillées)

https://nopanic.fr/conseils-pour-forger-couteau/

https://fr.wikihow.com/forger-un-couteau

https://forgeorigine.com/blogs/materiels-de-forge-coutellerie/materiel-fabriquer-couteaux-debutant

Renan

Fondateur et moniteur à la Skol Louarn

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